INTERVIEW – Jean-Loup Miguet « Nous commençons à nous impliquer dans l’organisation des jeux d’été à Paris en 2024, avec des opérations qui vont débuter dans les prochains mois pour s’achever en 2024, ce qui permettra à la FFSU d’être acteur de cette grande fête du sport qui se déroulera sur notre territoire. »

Date de l’interview : 10/06/2021
Institution : Fédération Française de Sports Universitaires

 

Dans un premier temps, je vous propose de vous présenter, de nous parler de votre parcours et de ce qu’est la fédération Française de sports universitaires.


Je m’appelle Jean-Loup Miguet, je suis originaire de Haute-Savoie, mais grenoblois de cœur depuis 1975.

J’ai réalisé une première partie de carrière dans le sport de haut niveau, en tant que volleyeur en ligue internationale universitaire avec un titre de Champion de France universitaire, puis en ligue internationale militaire, et j’ai rejoint l’équipe de France, avec laquelle j’ai pu participer à plusieurs championnats d’Europe et du monde. Nous avons obtenu dans les années 80, le titre de champions de France fédéral, et avons fini quatrième au championnat d’Europe.

Au sortir de ma carrière sportive, j’ai enseigné pendant six ans en qualité de prof d’EPS, avant de prendre un poste de conseiller technique régional à la fédération française de volley-ball, et depuis 1997, je suis Directeur de la ligue Auvergne-Rhône-Alpes pour la fédération française de sports universitaires. Cet organisme gère toute la compétition sportive universitaire, avec une compétence omni-sports. Nous sommes basés à Grenoble sur le campus universitaire, où nous avons la chance de bénéficier de nombreux équipements de très grande qualité, qui nous permettent d’organiser chaque année, près de 1300 rencontres sportives, une quarantaine de championnats académique ou inter-régions.

Nous organisons également de nombreux évènements sportifs de plus haut niveau, dans le cadre des championnats de France, ou des compétitions internationales, tel que le mondial universitaire de Tennis que nous avons organisé deux années de suite et qui rassemble des étudiants sportifs de haut niveaux venus du monde entier. Parmi les missions qui m’incombent, je suis également responsable du ski universitaire international.

L’UGA compte près de 50 000 étudiants, 12000 d’entre eux sont inscrits au SUAPS (Service Universitaire des Activités Physiques et Sportives), 350 sont en ligue universitaire et 150 sont des sportifs de haut niveau.


Dans le cadre de vos activités, vous côtoyez de nombreux professionnels, quelle est concrètement la place accordée au sport dans le monde de l’entreprise d’aujourd’hui ?
– Est-ce un paradigme français ?

 
En France, le sport en entreprise souffre d’un manque d’infrastructures et de compétences sur l’organisation d’activités ou de compétitions inter-entreprises. De fait les salariés et leurs comités d’entreprises se retournent fréquemment vers des structures extérieures pouvant les accueillir dans une démarche de sports-loisirs.

En parallèle, on note depuis une dizaine d’années, un intérêt particulier apporté aux sportifs de haut niveau, en partie pour l’image dont l’entreprise peut bénéficier, mais également pour les compétences que ces collaborateurs peuvent apporter. La plupart ayant un bagage universitaire important, l’esprit d’équipe et de compétition qu’ils ont développé dans leurs disciplines sportives sont de réels atouts pour les entreprises qui les accueillent.

Je reste persuadé qu’il y a un réel intérêt pour les collaborateurs et les organisations elles-même, à promouvoir le sport en entreprise.

 

La crise sanitaire sans précédent que nous traversons nous a contraint de modifier et d’adapter nos organisations professionnelles. Comment la FFSU s’est-elle adaptée et quels enseignements en retirez-vous ?

 

Nous avons, comme beaucoup d’organisations, été fortement impactés, puisque le campus n’était plus en mesure accueillir les étudiants durant de longs mois et la pratique du sport ayant été également interdite durant cette même période. De fait, nous n’avons pas pu organiser de compétitions, qui représentent une grande partie de nos activités.

Afin de palier à cette situation, nous nous sommes tournés vers d’autres disciplines et avons fait preuve de créativité pour poursuivre notre engagement auprès des étudiants. Nous avons notamment organisé, un tournoi d’échecs en distanciel, qui a rencontré un beau succès, puisque 240 étudiants ont pu s’affronter pendant 14 semaines.

Pour la finale de ce championnat, nous avons accueilli deux maîtres d’échec internationaux qui ont offert au public étudiant, une belle démonstration de leur art.

La pratique du footing ayant été autorisée une heure par jour, nous avons également organisé un challenge qui permettait aux étudiants de courir et de cumuler des points au profit de leur club. Ce qui au regard du succès rencontré, m’a donné l’idée de créer une application dédiée, pour organiser des évènements à destination des étudiants, des personnels des universités et des entreprises partenaires.

 

Cet été, auront lieu les jeux olympiques d’été à Tokyo, qu’est-ce que représente ce grand rdv mondial pour la FFSU et comment s’inscrit-elle et prend t-elle part à la démarche Olympique ?

 

La FFSU n’est pas engagée dans l’organisation des jeux de Tokyo, car les étudiants ne sont que peu à être concernés. En revanche, nous commençons à nous impliquer dans l’organisation des jeux d’été à Paris en 2024, avec des opérations qui vont débuter dans les prochains mois pour s’achever en 2024, ce qui permettra à la FFSU d’être acteur de cette grande fête du sport qui se déroulera sur notre territoire.

 

LA FFSU devient partenaire du Club des Entreprises de Grenoble, qui a entre autres vocations, de faciliter les échanges entre les entreprises et les IUT de Grenoble. Quels seront les grandes lignes directrices de ce rapprochement ?

 
L’idée de ce partenariat est née suite à l’évènement conjointement organisé avec le Club des entreprises, lors du mondial universitaire de tennis. Cette rencontre qui s’est déroulée à la fédération de tennis à Seyssins, a permis de réunir des entreprises membres du Club et des partenaires de la FFSU, dans le cadre d’un tournoi amical. La convivialité et les retours des professionnels, nous ont permis de dresser un bilan positif et d’imaginer d’inscrire cette relation entre nos deux organisations dans la durée.

Ce partenariat nous permettra d’offrir aux représentants des entreprises et des IUT, une opportunité supplémentaire de se retrouver dans un environnement sportif et convivial.

Si le contexte sanitaire nous l’autorise, nous espérons pouvoir proposer un rdv dès la rentrée de septembre pour initier ce partenariat dès la nouvelle année universitaire.

Quelle Action la FFSU mène-t-elle pour favoriser la pratique du sport (à haut niveau) pour les personnes souffrant d’un handicap ?

 

C’est une réelle problématique à laquelle nous souhaitons nous atteler. Nous nous sommes aperçus que lorsqu’un étudiant en situation de handicap arrive à l’université, nous n’avons pas les informations qui nous permettraient de les contacter et pour leur proposer de rejoindre notre organisation.

Par le passé nous avons collaboré avec l’association Easy, avec laquelle nous avons monté durant plusieurs années un tournoi de hockey en fauteuil, mais suite au renouvellement du bureau de l’association, ce partenariat a fini par se déliter.

Nous avons également tenté de participer au championnat de France de tennis de table, mais là encore, nous avons été confrontés à des problématiques logistiques auxquelles, nous ne sommes pas en mesure de répondre seuls en tant qu’organisateurs.

Aujourd’hui force est de constater que nous sommes démunis pour mettre en œuvre des actions durables et satisfaisantes pour les étudiants concernés.

 

Propos recueillis par Richard Compte.